Vous vendez ou vous mettez en location un logement dont l'installation électrique a plus de quinze ans : un diagnostic électrique doit être joint au dossier. Son nom officiel est état de l'installation intérieure d'électricité. Il coûte le plus souvent 90 à 180 €, il est valable 3 ans pour une vente et 6 ans pour une location, et il n'oblige pas à faire des travaux, ce qui surprend beaucoup de vendeurs. Voici ce qu'il vérifie, qui a le droit de le réaliser, et ce qu'il faut faire quand il revient couvert d'anomalies.
Quand le diagnostic électrique est-il obligatoire ?
La règle tient en une phrase : le diagnostic est exigé dès lors que l'installation intérieure d'électricité du logement a plus de 15 ans, que le bien soit vendu ou loué, maison ou appartement, meublé ou non.
- À la vente : le diagnostic fait partie du dossier de diagnostic technique (DDT) annexé à la promesse de vente puis à l'acte authentique. L'obligation existe depuis 2009 pour les logements d'habitation.
- À la location : l'obligation est plus récente. Elle s'applique depuis le 1er juillet 2017 pour les logements situés dans un immeuble collectif dont le permis de construire est antérieur au 1er janvier 1975, et depuis le 1er janvier 2018 pour tous les autres logements. Le document est annexé au bail à la signature comme au renouvellement.
Les quinze ans se comptent à partir de la réalisation de l'installation, pas de la construction du logement. Si vous avez fait refaire l'électricité il y a huit ans, vous échappez au diagnostic à condition de le prouver : facture détaillée de l'électricien ou attestation de conformité visée par le Consuel. Sans justificatif, le notaire ou l'agence réclamera le diagnostic.
Deux cas particuliers reviennent souvent. Une attestation de conformité Consuel récente peut tenir lieu de diagnostic : de moins de 3 ans pour une vente, de moins de 6 ans pour une location, soit exactement la durée du diagnostic qu'elle remplace. Et en copropriété, le diagnostic ne porte que sur la partie privative et ses dépendances, pas sur les colonnes montantes ni sur les parties communes.
Durée de validité : 3 ans ou 6 ans, ne confondez pas
C'est le point que les articles en ligne confondent le plus souvent, et il a des conséquences concrètes sur votre budget.
| Situation | Validité | Point de départ |
|---|---|---|
| Vente d'un logement | 3 ans | Date de réalisation du diagnostic |
| Mise en location | 6 ans | Date de réalisation du diagnostic |
| Attestation Consuel utilisée à la place, vente | 3 ans | Date de visa de l'attestation |
| Attestation Consuel utilisée à la place, location | 6 ans | Date de visa de l'attestation |
Un diagnostic réalisé pour une vente reste utilisable pour une mise en location tant qu'il a moins de 6 ans : le document est techniquement identique. L'inverse ne fonctionne pas, un diagnostic de location vieux de quatre ans ne vaut rien pour une vente. Enfin, la date de référence est le jour de la visite, pas celui de la signature : le diagnostic doit encore être valide à l'acte, sinon il est à refaire.
Diagnostiqueur, Consuel, électricien : trois métiers différents
C'est la confusion la plus fréquente sur le sujet, et elle coûte du temps à beaucoup de vendeurs. Ces trois intervenants ne font pas la même chose et ne sont pas interchangeables.
- Le diagnostiqueur immobilier certifié réalise le diagnostic obligatoire. Il doit détenir une certification en cours de validité délivrée par un organisme accrédité, souscrire une assurance de responsabilité professionnelle et être indépendant du vendeur comme de l'agence. Sa certification se vérifie sur l'annuaire officiel des diagnostiqueurs certifiés du ministère du Logement. Faire réaliser le diagnostic par une personne non certifiée expose à une amende de 1 500 € (3 000 € en récidive), et le document n'a aucune valeur.
- Le Consuel (Comité national pour la sécurité des usagers de l'électricité) ne fait pas de diagnostic. Il vise une attestation de conformité après travaux : installation neuve, rénovation totale ou mise en sécurité ayant nécessité une coupure générale. C'est le document qu'Enedis exige pour mettre sous tension. Il regarde du neuf, pas une installation existante à vendre.
- L'électricien ne délivre ni l'un ni l'autre. Il intervient après : c'est lui qui corrige les anomalies relevées, remplace un tableau hors d'âge, pose un différentiel manquant ou refait l'installation, et qui prépare le dossier soumis au Consuel quand les travaux le justifient.
Résumé pratique : le diagnostiqueur constate, l'électricien répare, le Consuel valide le neuf. Hors vente et hors location, aucun de ces documents n'est exigé : un simple contrôle de l'installation électrique par un électricien suffit.
Les six points de contrôle vérifiés
Le diagnostic suit une méthode encadrée (référentiel FD C 16-600) et porte sur six points de sécurité. La visite dure de 45 minutes à 1 h 30 : examen visuel, essais et mesures, sans démontage ni percement.
- L'appareil général de commande et de protection : présence d'un disjoncteur général, accessible depuis l'intérieur du logement, permettant de couper toute l'installation.
- Le dispositif différentiel : au moins un interrupteur ou disjoncteur différentiel à sensibilité adaptée aux conditions de mise à la terre, pour protéger les personnes contre l'électrocution.
- La prise de terre et les liaisons associées : existence d'une prise de terre correctement raccordée et d'un conducteur de protection sur les circuits qui l'exigent.
- La protection contre les surintensités : sur chaque circuit, un fusible ou disjoncteur divisionnaire calibré en cohérence avec la section des fils, pour éviter la surchauffe et l'incendie.
- La salle d'eau : liaison équipotentielle et respect des volumes de sécurité autour de la baignoire ou de la douche, un point où les installations anciennes échouent très souvent.
- Les matériels dangereux ou vétustes : appareillage cassé, fils dénudés, conducteurs non protégés mécaniquement, rallonges permanentes, matériel inadapté à l'usage du local.
Le rapport regroupe les anomalies par point de contrôle et signale à part les installations particulières, comme une piscine. En revanche il ne juge ni les appareils branchés (lave-linge, plaque de cuisson) ni la conformité globale à la norme NF C 15-100 : cette norme s'applique au neuf et à la rénovation, le diagnostic ne mesure qu'un niveau de sécurité minimal.
Le diagnostic révèle des anomalies : et ensuite ?
La réponse n'est pas la même selon que vous vendez ou que vous louez, et c'est ici que se joue l'essentiel.
À la vente : aucune obligation de travaux
Le diagnostic a une valeur strictement informative. Vous pouvez vendre un logement dont l'installation présente des anomalies, l'acquéreur achète en connaissance de cause. Deux effets concrets sont à anticiper.
- Le prix : un acheteur informé chiffre les travaux et les déduit de son offre, souvent plus largement que le coût réel. Faire corriger les anomalies avant la mise en vente coûte parfois moins cher que la décote négociée.
- Votre responsabilité : l'absence de diagnostic, ou un diagnostic mensonger, expose à l'annulation de la vente ou à une réduction du prix, et vous prive de la clause d'exonération des vices cachés. Si c'est le diagnostiqueur qui s'est trompé, sa responsabilité professionnelle est engagée et l'acquéreur peut lui réclamer des dommages et intérêts.
À la location : l'obligation de décence change la donne
Le diagnostic lui-même n'impose pas davantage de travaux au bailleur. Mais une autre obligation s'applique en parallèle : le logement loué doit être décent, ce qui suppose des réseaux électriques conformes aux normes de sécurité, en bon état d'usage et sans risque manifeste pour la sécurité des occupants. Un rapport signalant l'absence de différentiel, une salle d'eau non protégée ou des conducteurs à nu documente noir sur blanc un manquement à cette obligation. Le locataire peut alors exiger la mise en conformité, saisir la commission départementale de conciliation ou le juge, et la CAF peut conserver la part d'allocation logement tant que les travaux ne sont pas faits. À la vente le diagnostic informe, à la location il constate.
Prix d'un diagnostic électrique en 2026
Le tarif n'est pas réglementé, chaque cabinet fixe librement ses prix. Les fourchettes ci-dessous sont indicatives et dépendent surtout de la surface et de la zone géographique : demandez un devis, en particulier si vous groupez plusieurs diagnostics.
| Prestation | Prix indicatif | Ce qui fait varier |
|---|---|---|
| Diagnostic électrique, appartement | 80 à 160 € | Surface, nombre de pièces, étage |
| Diagnostic électrique, maison | 100 à 180 € | Surface, dépendances, garage, extérieur |
| Pack électricité + gaz | 150 à 250 € | Deux diagnostics sur une seule visite |
| Pack complet vente (DPE, amiante, plomb, électricité, gaz, termites) | 350 à 700 € | Nombre de diagnostics requis, année et zone du bien |
Le regroupement est presque toujours rentable, le déplacement étant mutualisé. Le diagnostic est à la charge du vendeur ou du bailleur, et il n'est pas récupérable sur le locataire.
Du diagnostic au devis : l'enchaînement logique
Transmettez le rapport à un électricien : il distingue ce qui relève d'une simple mise en sécurité de ce qui impose une reprise lourde. Trois scénarios types se dégagent.
- Anomalies isolées : ajout d'un différentiel, remplacement de prises cassées, protection d'un circuit. Quelques heures d'intervention, un budget qui reste modeste au regard de l'enjeu (voir les repères de notre article sur le prix d'un électricien).
- Tableau hors d'âge : fusibles à porcelaine, absence de différentiel, plus de place pour ajouter un circuit. Le remplacement du tableau électrique lève d'un coup plusieurs points du diagnostic.
- Installation entière à reprendre : fils sans terre, gaines d'origine, aucun circuit spécialisé. Là, c'est une rénovation complète de l'installation électrique qu'il faut chiffrer, avec passage du Consuel à la clé si la coupure générale est nécessaire.
Dans tous les cas, faites établir au moins deux devis détaillés et demandez que chacun reprenne explicitement les points du diagnostic qu'il traite : c'est le seul moyen de prouver ensuite à un acheteur ou à un locataire que les anomalies ont bien été levées.
Questions fréquentes
Le diagnostic électrique est-il obligatoire pour tous les logements ?
Non, uniquement pour ceux dont l'installation intérieure d'électricité a plus de 15 ans, en cas de vente comme de mise en location. En dessous de 15 ans, il faut pouvoir le prouver par une facture de travaux ou une attestation Consuel.
Quelle est la durée de validité d'un diagnostic électrique ?
3 ans pour une vente, 6 ans pour une location, à compter de la date de la visite. Un diagnostic réalisé pour une vente peut servir à une location tant qu'il a moins de 6 ans, l'inverse n'est pas possible.
Qui peut réaliser le diagnostic électrique obligatoire ?
Uniquement un diagnostiqueur immobilier certifié, assuré et indépendant. Ni votre électricien ni le Consuel ne peuvent le délivrer. Sa certification se vérifie en ligne sur l'annuaire officiel du ministère du Logement.
Suis-je obligé de faire les travaux après un diagnostic électrique négatif ?
Pas pour vendre : le diagnostic est informatif et l'acheteur achète en connaissance de cause. Pour louer, c'est différent : l'obligation de fournir un logement décent impose une installation en bon état d'usage et sans risque manifeste, ce que le rapport documente précisément.
Combien coûte un diagnostic électrique ?
Comptez 80 à 180 € selon la surface et le type de logement, et 350 à 700 € pour un pack complet de diagnostics de vente. Les tarifs sont libres : demandez plusieurs devis et privilégiez le regroupement des diagnostics sur une même visite.